Parler sa langue maternelle: la langue comme question féministe

En lien étroit avec la coalition, l’ANFD a aussi soumis au Comité de révision de la LCDP un document de discussion sur l’ajout de la langue comme motif de distinction illicite aux termes de la LCDP. En fin de compte, aucune recommandation ferme n’a été émise sur cette question.

Les droits linguistiques reposent sur la frontière entre les droits collectifs et individuels, ce qui rend problématique leur ajout dans la LCDP à titre de droit individuel. Toute réforme de la loi devrait servir à protéger les droits des gens des minorités linguistiques et non ceux des gens appartenant aux groupes linguistiques majoritaires qui pourraient, par exemple, vouloir contester les dispositions de la Loi sur les langues officielles.

De plus, la langue est étroitement associée à la culture, à l’ethnicité et à l’origine nationale. De plus en plus, l’anglais et le français ne sont plus la deuxième langue la plus parlée dans n’importe quelle région géographique du Canada.

Les femmes ont toujours joué un rôle clé dans la transmission de la langue aux prochaines générations, comme en témoigne l’expression de « langue maternelle ». Une recherche effectuée par l’ANFD révèle qu’en droit international les droits linguistiques sont de plus en plus perçus comme des droits fondamentaux de la personne. Nous devons mener plus de recherches – et surtout plus de consultations avec les communautés linguistiques minoritaires du Canada – afin de créer une analyse féministe des meilleures façons de faire de la notion de langue un droit de la personne dans la législation canadienne.

Rachel Cox est organisatrice communautaire à Action travail des femmes. Avocate de formation, elle a collaboré avec l’ANFD à l’élaboration du mémoire présenté au Comité de révision de la Loi canadienne sur les droits de la personne.