À Genève, des groupes disent à l’ONU que le Canada doit donner la priorité aux femmes

OTTAWA – Aujourd’hui à Genève, des organisations de femmes et d’autres groupes oeuvrant pour la justice sociale au Canada feront rapport sur la décevante performance du Canada quant au respect du Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

L’Alliance canadienne féministe pour l’action internationale (AFAI) et l’Association nationale Femmes et Droit (ANFD) soumettront au Comité sur les droits économiques, sociaux et culturels un rapport qui démontre de quelles façons les budgets fédéraux ont sapé des programmes sociaux essentiels entre 1995 et 1998.

En conséquence, les barèmes d’aide sociale sont aujourd’hui à des niveaux que le Conseil national du bien-être social qualifie de « punitifs et cruels », l’aide juridique en matière de droit familial et de droit social est en crise, et les services pour les femmes qui tentent d’échapper à la violence conjugale ont subi de graves coupures. Malgré huit années de surplus budgétaires depuis 1995, le gouvernement fédéral n’a jamais restauré le financement de ces programmes.

« Plus de 1,9 million de femmes continuent de vivre sous le seuil de pauvreté au Canada, un des pays les plus riches du monde », souligne Shelagh Day, qui représente l’AFAI et l’ANFD à Genève.

« Le gouvernement fédéral doit allouer une plus grande part de ses ressources à la défense des droits humains des femmes et il doit immédiatement prendre des mesures pour corriger le déséquilibre persistant entre hommes et femmes dans l’allocation des ressources au Canada. Nous disons aux Nations Unies que le temps est venu pour le Canada d’investir cet argent pour l’égalité des femmes. Nous espérons voir dans le budget fédéral de demain, des mesures concrètes pour restaurer le financement de tels programmes. »

Le mémoire conjoint de l’AFAI et de l’ANFD fait également état de la discrimination formelle que subissent les femmes autochtones et ses conséquences désastreuses sur leurs droits économiques, sociaux et culturels; des effets discriminatoires du droit de l’immigration sur les travailleuses domestiques; des répercussions sur les femmes du resserrement des critères d’admissibilité à l’assurance emploi et de la réduction des prestations.

On dénonce également l’insuffisance des prestations de maternité et parentales pour les femmes vivant à l’extérieur du Québec; l’absence de loi fédérale efficace en matière d’équité salariale et la discrimination persistante à l’égard des femmes sur le marché de l’emploi; la surreprésentation des femmes racisées dans le secteur des emplois mal rémunérés et précaires et la nécessité d’augmenter les ressources contre la violence faite aux femmes, particulièrement dans les régions rurales et isolées.

Le mémoire conjoint de l’AFAI et de l’ANFD est accessible en ligne sur le site de l’ONU: http://www.ohchr.org