
©Joshua Beeston / @jbees.photo
L’ANFD réunit des député·es pour discuter des réformes urgentes pour la sécurité économique des femmes
L’Association nationale Femmes et Droit (ANFD) a eu l’honneur d’animer, le mardi 7 octobre, une importante discussion sur la Colline du Parlement sur les défis économiques auxquels font face les femmes au Canada, ainsi que sur les solutions nécessaires pour renforcer leur sécurité financière et leur autonomie.
En compagnie de député·es dévou·és, nous avons discuté des réformes essentielles pour solidifier le filet social canadien, notamment le renforcement de la Prestation canadienne pour les personnes handicapées, la mise en place d’un supplément à l’Allocation canadienne pour enfants, ainsi que sur la discrimination fondée sur le genre dans la Loi sur l’assurance-emploi.
L’ANFD avait le privilège d’accueillir pour l’occasion Leila Sarangi, directrice principale de la stratégie et de l’innovation chez Family Service Toronto et directrice nationale de Campagne 2000, dont le travail est consacré à l’élimination de la pauvreté infantile.
Étaient également présent·es le ministre de la Justice Sean Fraser, la députée et secrétaire parlementaire à la ministre des Femmes et de l’Égalité des genres Marie-Gabrielle Ménard, ainsi que les députées Rachel Bendayan, Mona Fortier, Lisa Hepfner, Karina Gould, Linda Lapointe, Andréanne Larouche, Ginette Lavack et Chi Nguyen, de même que des représentant·es des bureaux de Rechie Valdez, Charles Sousa et des sénatrices Rosemary Moodie et Suze Youance. L’Association remercie chaleureusement la députée Karina Gould pour le parrainage de cet événement et pour son leadership féministe inspirant.
« Notre travail est loin d’être terminé » a rappelé Suzanne Zaccour, directrice des affaires juridiques à l’ANFD. « Il ne le sera pas tant que les femmes continueront d’occuper des emplois précaires et sous-rémunérés, tant qu’elles continueront de porter le fardeau des soins, et tant qu’elles seront forcées de demeurer dans des relations violentes faute d’avoir les moyens de quitter. Nous avons donc du travail à faire, et nous devons le faire ensemble. »

Réformes urgentes et recommandations politiques
Lors de cette table ronde multipartite, les participant·es se sont penchés sur trois réformes promettant d’apporter des bénéfices concrets et durables aux femmes partout au pays.
D’abord, Amanda Therrien, avocate à l’ANFD, a plaidé pour le renforcement de la Prestation canadienne pour les personnes handicapées en augmentant les versements mensuels, en élevant les seuils de revenu, en simplifiant le processus de demande et en fondant l’admissibilité sur le revenu individuel, afin de permettre aux femmes handicapées de vivre dans la dignité et la sécurité financière.
Ensuite, Leila Sarangi a exhorté le gouvernement fédéral de mettre en place un nouveau supplément à l’Allocation canadienne pour enfants pour les familles vivant dans la pauvreté extrême, afin d’apporter un soutien immédiat à celles qui sont les plus touchées par la crise du coût de la vie.
« Nos recherches ont révélé la plus forte hausse du taux de pauvreté infantile jamais enregistrée entre 2020 et 2022. Durant cette période, 359 000 enfants ont basculé dans la pauvreté, portant à près de 1,4 million le nombre d’enfants vivant dans la pauvreté au Canada. De nombreuses études démontrent que la pauvreté infantile a des effets néfastes sur la santé physique, le développement cognitif, la réussite scolaire, la santé mentale et le bien-être socio-émotionnel. » – Leila Sarangi, directrice nationale de Campagne 2000
Enfin, Amanda Therrien a rappelé la nécessité de réformer la Loi sur l’assurance-emploi afin d’éliminer la discrimination fondée sur le genre et de permettre aux femmes qui perdent leur emploi après un congé de maternité d’avoir accès aux prestations régulières.
« C’est déchirant de parler avec une personne qui vient de vivre l’expérience transformatrice d’avoir un enfant pour ensuite perdre son emploi et se retrouver dans l’insécurité économique. Refuser les prestations régulières d’assurance-emploi aux femmes dans ces circonstances les rend dépendantes de leur conjoint, les force à puiser dans leurs économies ou à recourir à l’aide sociale, et les empêche souvent de quitter une relation violente », a-t-elle illustré.

©Joshua Beeston / @jbees.photo
Soutenir le mouvement féministe
Dans ses remarques de clôture, Thaïs Laborde, directrice générale de l’ANFD, a souligné que cet événement a été rendu possible grâce au soutien de Femmes et Égalité des genres Canada (FEGC). « Comme de nombreuses organisations à travers le pays, l’ANFD est profondément préoccupée par la disparition annoncée de programmes essentiels représentant plus de 80 % du budget de FEGC. Pour des organismes comme le nôtre, la réalité est claire : nous sommes toujours à un projet près de devoir fermer nos portes.
Depuis cinquante ans, l’ANFD apporte une voix juridique féministe au Parlement. Nombre d’entre vous nous soutiennent depuis longtemps, et votre appui fait toute la différence. Si vous croyez que ce travail doit se poursuivre, nous faisons appel à vous pour nous aider à obtenir un financement stable et durable. Sans cela, le Canada risque de perdre certaines des voix les plus essentielles et les plus constantes pour l’égalité des femmes. »
La sécurité économique des femmes n’est pas un luxe : c’est une question de survie pour des millions de femmes au Canada qui méritent un accès réel aux opportunités financières et à un marché du travail inclusif et équitable. L’ANFD tient à remercier toutes les personnes qui ont pris part à cette importante discussion et qui sont dévouées à bâtir une société plus prospère et équitable.


