New Brunswick (Minister of Health and Community Services) v. G. (J.), [1999] S.C.J. No. 47 (QL) – Case Comment

New Brunswick (Minister of Health and Community Services) v. G. (J.), [1999] S.C.J. No. 47 (QL) – Case Comment
Nouveau Brunswick (Ministre de la Santé et des Services communautaires) c. G. (J.) [1999] J.C.S. No. 47 (QL) – Commentaire
Thanks in part to the efforts of the interveners NAWL, LEAF and the Disabled Womens’ Network of Canada, the Supreme Court of Canada has recognized a limited right to state-funded counsel in child protection cases, depending on the seriousness of the interests at stake, the complexity of the proceedings and […]
Grâce en partie aux efforts de l’ANFD, du FAEJ et du Réseau d’action des femmes handicapées, à titre d’intervenantes, la Cour suprême du Canada vient de reconnaître un droit limité aux services d’un avocat rémunéré par l’État dans les instances concernant la protection […]

Thanks in part to the efforts of the interveners NAWL, LEAF and the Disabled Womens’ Network of Canada, the Supreme Court of Canada has recognized a limited right to state-funded counsel in child protection cases, depending on the seriousness of the interests at stake, the complexity of the proceedings and the capacities of the appellant.

Chief Justice Lamer (as he then was), writing for the majority, found that failing to provide state-funded counsel to a parent in a highly complex child protection hearing amounted to a breach of the appellant’s right to security of the person under section 7 of the Charter. That breach was not saved by s. 1 of the Charter, as the Court found that the “deleterious effects of the policy far outweighed the salutory effects of any potential budgetary savings.”

The majority did not address the issue of whether the appellant’s right to liberty was also engaged in this case. Madame Justice L’Heureux-Dubé, in a separate concurring judgment, found that the liberty interest of the appellant was also breached by the failure to provide state-funded counsel. She accepted the analysis advanced by Carol Curtis and Anne Dugas-Horsman who represented NAWL, LEAF and the Disabled Women’s Network Canada, that child protection proceedings raise issues of gender equality, because women and especially single mothers are disproportionately and particularly affected by these proceedings. Issues of fairness in child protection hearings also have particular importance for the interests of women and men who are members of other disadvantaged and vulnerable groups, particularly visible minorities, Aboriginal people and people with disabilities.

In light of this, Madam Justice L’Heureux-Dubé held that when considering the section 7 rights at issue and the principles of fundamental justice that apply, it is “important to ensure that the analysis takes into account the principles and purposes of the equality guarantee in promoting the equal benefit of the law and ensuring that the law responds to the needs of those disadvantaged individuals and groups whose protection is at the heart of s. 15. The rights in s. 7 must be interpreted through the lens of ss. 15 and 28, to recognize the importance of ensuring that our interpretation of the Constitution responds to the realities and needs of all members of society.”

From a practical standpoint, and as a practitioner who works in the area of child protection, it is difficult to conceive of a contested child protection hearing that is not complex or that does not have extremely serious interests at stake. And, as recognized by L’Heureux-Dubé J., requiring a parent to prove that she lacks the capacity to represent herself can be seen as counter-productive to that parent’s case at best. Hopefully, judges will take a common sense approach to these criterion and order that state-funded counsel be provided in most if not all contested child protection matters, if a parent does not have the ability to retain counsel and the provincial Legal Aid scheme does not cover it .

The case is important for those of us representing parents in the child protection field, as it is a recognition by the Supreme Court of Canada of the fundamental rights and freedoms affected in these proceedings and the entitlement of often overwhelmingly disadvantaged parents not to be deprived of these rights except in accordance with the principles of fundamental justice. In Ontario at least, with the upcoming passage of the amendments to the Child and Family Services Act granting even more power to Children’s Aid Societies to apprehend children and obtain orders finding them in need of protection, the importance of this recognition cannot be underestimated.

Jane Anweiler is a member of NAWL’s National Steering Committee

Grâce en partie aux efforts de l’ANFD, du FAEJ et du Réseau d’action des femmes handicapées, à titre d’intervenantes, la Cour suprême du Canada vient de reconnaître un droit limité aux services d’un avocat rémunéré par l’État dans les instances concernant la protection des enfants, selon la gravité des intérêts en jeu, la complexité de l’instance et les capacités de l’appelante.

S’exprimant au nom de la majorité, M. le juge Lamer statue que le déni à l’appelante des services d’un-e avocat-e rémunéré-e par l’État a violé les droits de celle-ci à la sécurité de sa personne selon l’art. 7 de la Charte. En outre, cette violation n’était pas justifiée au sens de l’article premier de la Charte, la Cour déclarant que « les effets nocifs de la ligne de conduite excèdent de beaucoup les effets bénéfiques pouvant résulter d’éventuelles économies budgétaires ».

La majorité ne se prononce pas quant à la pertinence du droit à liberté de l’appelante dans cette cause. Madame la juge L’Heureux-Dubé, souscrivant au jugement majoritaire avec des motifs distincts, conclut pour sa part que ce droit à la liberté est également violé par le déni de l’aide juridique à l’appelante. Elle accepte l’analyse proposée par Carol Curtis et Anne Dugas-Horsman – représentant l’ANFD, le FAEJ et le Réseau d’action des femmes handicapées – à l’effet que les procédures relatives à la protection des enfants concernent l’égalité des sexes parce que les femmes, notamment les mères célibataires sont touchées de façon disproportionnée et particulière par ces procédures. Pour elle, les questions relatives à l’équité dans le cadre des audiences en matière de protection des enfants revêtent également une importance particulière quant aux droits des femmes et des hommes qui sont membres d’autres groupes défavorisés et vulnérables, notamment les minorités visibles, les Autochtones et les personnes handicapées.

Compte tenu de ces facteurs, Mme L’Heureux-Dubé déclare que « lorsqu’on examine les droits garantis par l’art. 7 en cause ainsi que les principes de justice fondamentale qui s’appliquent dans ce cas, il est important de s’assurer que l’analyse tienne compte des principes et des objets de la garantie d’égalité en favorisant le bénéfice égal de la protection de la loi et en s’assurant que la loi réponde aux besoins des personnes et des groupes défavorisés que l’art. 15 vise à protéger. Les droits garantis par l’art. 7 doivent être interprétés à travers le prisme des art. 15 et 28 afin que l’importance d’une interprétation de la Constitution qui tienne compte des réalités et des besoins de tous les membres de la société soit reconnue. »

D’un point de vue pratique, et parlant à titre de praticienne de la protection des enfants, il me semble difficile d’imaginer une audience contestée de protection des enfants qui ne soit pas complexe ou qui ne mette pas en cause des intérêts extrêmement graves. De plus, comme le reconnaît Mme L’Heureux-Dubé, exiger d’un parent la preuve de son incapacité à se représenter peut être perçu, au mieux, comme contre-productif à la cause de ce parent. Il est à espérer que les juges interpréteront les critères de cet arrêt à la lumière du bon sens et ordonneront d’octroyer l’aide juridique dans la plupart sinon toutes les procédures de protection d’enfants, si un parent n’a pas les moyens de retenir les services d’un avocat et n’est pas couvert par le régime provincial d’aide juridique.

Cette cause est importante pour celles d’entre nous qui représentons des parents en protection des enfants, puisque la Cour suprême du Canada reconnaît les droits et libertés fondamentaux affectés par ces procédures. Elle reconnaît également le droit de parents souvent extrêmement désavantagés de ne pas être privés de ces droits, sauf conformément aux principes fondamentaux de justice. L’importance de cette reconnaissance ne saurait être sous-estimée, particulièrement en Ontario avec l’adoption imminente d’amendements à la Loi sur les services à l’enfance et à la famille qui vont accorder encore plus de pouvoirs aux sociétés d’aide à l’enfance pour appréhender les enfants et pour obtenir des ordonnances déclarant que l’enfant a besoin de protection.

Jane Anweiler est membre du Comité national de direction à l’ANFD

Jane Anweiler