Caucus sur les campus

Dans ses débuts, l’ANFD était dirigée et soutenue par des caucus dans plusieurs facultés de droit du pays. Les caucus étaient composés d’étudiantes et de professeures de droit féministes qui voulaient travailler au niveau national sur la question de l’égalité des femmes. Les caucus ont joué un rôle essentiel dans le travail de l’ANFD et se sont assurés que nous ne perdions pas de vue les intérêts et les préoccupations des féministes qui étudient en droit.

Ils ont également permis aux étudiantes féministes de travailler avec des organismes nationaux de lutte pour l’égalité des femmes, de créer des liens avec des professeures et des avocates féministes de tout le pays et d’apprendre à devenir des militantes de la réforme du droit.

Malheureusement, pour toutes sortes de raisons, y compris le mouvement de ressac contre les féministes dans plusieurs facultés de droit, dans les années 1990 le nombre et le rôle des caucus ont beaucoup diminué.

Les cocktails sur les campus

En 2007, l’ANFD a entrepris une campagne pour faire revivre les caucus. Nous avons organisé des « cocktails » dans divers campus universitaires de la Colombie-Britannique au Québec. Ces activités ont permis aux étudiantes de connaître les thèmes sur lesquels l’ANFD travaillait et, ce qui est encore plus important, de faire connaître à l’ANFD quelles étaient les priorités et les problèmes des étudiantes en droit.

Ces rencontres ont eu un très grand succès et nous ont permis de constater que beaucoup de jeunes féministes des universités s’intéressaient au militantisme et étaient prêtes à travailler avec l’ANFD.

Nous n’avons toutefois pas été en mesure de redonner vie aux caucus parce c’est à cette époque que nous avons perdu notre financement et que nous avons été obligées de fermer notre bureau et de mettre à pied notre personnel.

Ce que nous faisons maintenant et comment vous pouvez nous aider.

En 2009, avec un financement très limité, l’ANFD, a décidé de réunir une vingtaine de jeunes militantes pour faire un remue-méninge. Pendant deux jours, nous avons discuté de l’avenir de l’ANFD.

Nous avons cherché, et nous avons trouvé, des jeunes femmes prêtes à réfléchir et à travailler sur des enjeux liés au droit et aux politiques publiques qui ont une incidence sur les femmes du Canada.

Les participantes étaient des étudiantes en droit, en politiques publiques, des militantes communautaires et des femmes qui désiraient étudier en droit.

Le remue-méninge a été organisé et animé par des jeunes femmes qui faisaient déjà partie de notre comité national de direction (conseil d’administration).

Pendant ces deux jours, les femmes ont eu l’occasion de discuter, de travailler en groupes (grands ou petits) et de socialiser entre elles.

Nous leur avons posé quelques questions clés :

1. Pourquoi avez-vous décidé de participer à cette rencontre ?

La très grande majorité des femmes qui ont participé au remue-méninge nous ont dit qu’elles recherchaient des possibilités de mentorat, qu’elles voulaient communiquer et créer un réseau avec d’autres militantes féministes dans le domaine du droit, qu’elles désiraient discuter de la visibilité accrue du féminisme, y compris la troisième vague du féminisme dans les facultés de droit et des problèmes au sein du système judiciaire et enfin, qu’elles voulaient trouver des appuis pour leurs activités militantes sur le campus.

Un certain nombre de femmes ont discuté des problèmes qu’elles vivaient à la faculté de droit, des difficultés d’être une étudiante en droit féministe tout en ajoutant qu’elles espéraient que la rencontre leur permettrait de trouver des idées, des stratégies et des appuis.

Elles ont également signalé que les jeunes féministes devaient apprendre de leurs aînées et que nous devions toutes travailler ensemble.

Certaines femmes ont également dit qu’il fallait construire des liens plus solides entre les militantes féministes des divers milieux et universités.

2. Quelles compétences et quelle expérience possédez-vous ?

Les femmes qui ont participé à la rencontre possédaient une liste impressionnante de compétences et énormément d’expérience en militantisme politique à divers niveaux (campus, région, province ou territoire, national et international). Elles avaient fait des campagnes dans les médias et du lobbying, savaient comment recueillir de l’argent, connaissaient la recherche en droit et l’analyse des politiques, étaient animatrices d’émissions de radio et cinéastes, avaient travaillé en première ligne dans des maisons d’hébergement et des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, participaient aux activités du mouvement pro-choix et ainsi de suite.

Il s’agissait d’un groupe de femmes pleines de ressources.

3. Quelles sont les difficultés que vous rencontrez en organisant des groupes féministes ou en faisant du militantisme ?

Malgré ces forces, les femmes ont parlé du grand nombre de difficultés qu’elles rencontraient en tant que féministes et militantes. Pour elles, la principale difficulté était le ressac antiféministe, mais elles ont également souligné que beaucoup de groupes féministes étaient peu diversifiés et peu inclusifs et que des problèmes intergénérationnels nuisaient à l’efficacité de l’organisation. Les femmes ont également parlé de l’isolement et de l’absence d’un mouvement de masse. Elles ont aussi dit que pour plusieurs femmes il était difficile de trouver quel rôle pouvaient jouer les hommes.

Ces discussions ont permis de dégager deux thèmes principaux :

• La recherche d’intersection, l’accessibilité et l’inclusion
• Le ressac contre le féminisme

4. Comment verriez-vous les caucus de l’ANFD en 2009-2010 et à l’avenir ?

Il n’y a pas eu de panne d’idées pour définir ce que pourraient être les caucus de l’ANFD de l’avenir.

Les femmes ont parlé du besoin de mieux comprendre le mandat de l’ANFD et d’en savoir davantage sur la nature de la relation de l’ANFD avec les caucus. Elles voulaient surtout savoir quel niveau d’autonomie auraient les caucus pour décider des enjeux sur lesquels travailler et des stratégies à adopter dans leur travail.

Plusieurs femmes ont rapidement fait une mise à jour et des ajouts à un manuel de l’ANFD qui pourrait servir de ressource aux nouvelles étudiantes en droit. D’autres ont pensé à établir des relations de mentorat pour les étudiantes en droit. Et d’autres encore voudraient que les caucus soit actifs et bien présents dans la collectivité, qu’ils y soutiennent le militantisme et qu’ils puissent donner des renseignements juridiques aux groupes qui en ont besoin.

Les caucus de l’ANFD pourraient faire du lobbying sur les campus sur des questions comme l’agression sexuelle, les services de garde et l’équité salariale.

Il y a eu énormément de discussions sur la façon de se servir de la technologie pour soutenir le travail des caucus et faciliter la communication. Les femmes étaient intéressées à étudier les possibilités d’un blogue, d’une page Facebook et, éventuellement d’un site Web indépendant.

Les femmes ont ensuite formé de petits groupes pour discuter des activités que pourraient entreprendre les caucus de l’ANFD :

• Mise à jour et ajouts pour un manuel sur la sexospécificité du droit
• Création d’un caucus
• Travail de réforme du droit

5. Le seul caucus actif de l’ANFD, celui de l’université Carleton

Dans le but d’aider celles qui voudraient créer un caucus sur leur propre campus, les femmes du caucus de l’université Carleton – le seul caucus de l’ANFD qui soit encore actif – ont raconté quelques-unes de leurs expériences et partagé leurs réflexions.

Elles ont souligné qu’il était très important d’obtenir un statut officiel de club social de l’administration étudiante ou universitaire parce que cela permet d’avoir accès à des salles de réunion, des ressources et parfois à du financement.

6. Conclusion

Le caucus a pris fin avec des commentaires personnels des participantes qui ont parlé de ce qu’elles avaient l’intention de faire une fois revenues dans leur université.

L’ANFD est bien déterminée à soutenir la création de caucus dans les campus universitaires de l’ensemble du pays. Pour obtenir de plus amples renseignements au sujet du remue-méninge ou sur la façon de créer un caucus, vous pouvez communiquer avec Pamela Cross, la directrice de la planification stratégique de l’ANFD à l’adresse suivante : pcross@xplornet.com

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